Informations utiles – chauffage au bois

Conseils d’utilisation, d’entretien et de sécurité

Appareils de chauffage au bois – Devoir de conseil du ramoneur. Lecture pensée pour être simple : phrases courtes, points clés, liens fiables.

Sources officielles Lecture guidée Liens externes Non indexé

Objectif : vous donner les bons réflexes (sécurité + performance) et vous renvoyer vers des sources officielles.

Ajout – Devoir de conseil (ramonage) :

Pourquoi ce site (docs.leramoneurdeseglien.bzh) ?

L’idée est simple :

regrouper au même endroit des conseils concrets et des références fiables (textes officiels, guides reconnus) liés au chauffage au bois.

Le but : que ces informations soient vraiment consultées pour vous aider à profiter au mieux de votre système de chauffage.

Remarque : les liens pointent vers des sites externes (Legifrance, ADEME, Service-Public, INRS…). Ils peuvent évoluer. La source officielle fait foi.

Préambule – Cadre réglementaire

Conformément au décret n°2023-641 relatif à l'arrêté du 20 juillet 2023, l’entretien des appareils de chauffage à combustion solide (bois, granulés) et le ramonage des conduits doivent être réalisés régulièrement par un professionnel qualifié.

Lors de chaque intervention, le professionnel est tenu à un devoir de conseil, visant à informer l’utilisateur sur l’usage correct de son installation, les risques associés et les bonnes pratiques à adopter.

Missions du professionnel : ramonage vs entretien de l’appareil

Pourquoi dissocier ?

Dans le métier, il faut bien différencier deux actes distincts : le ramonage du conduit et l’entretien de l’appareil. Ils n’ont pas le même objectif, pas le même périmètre, et ne donnent pas lieu au même compte rendu.

Cette page regroupe des conseils utiles, mais chaque intervention réalisée chez vous reste cadrée par sa mission (ramonage et/ou entretien) et par le document remis à la fin.

1) Ramonage du conduit
Objectif : sécurité + évacuation correcte des fumées

Ce que cela couvre

  • Nettoyage mécanique du conduit (suies + dépôts combustibles) sur le parcours accessible.
  • Réduction du risque de feu de conduit, amélioration du tirage.
  • Signalement d’observations factuelles et visibles (ex. bistre important).

Ce que cela ne couvre pas

  • Validation de conformité de l’installation.
  • Étude de tirage / dimensionnement.
  • Diagnostic complet de conception (DTU, normes, etc.).

📄 Document remis

Certificat de ramonage : atteste uniquement de la réalisation du ramonage à la date indiquée.

2) Entretien de l’appareil
Objectif : fonctionnement + rendement + sécurité de l’appareil

Ce que cela couvre

  • Nettoyage des éléments accessibles de l’appareil (déflecteurs, échangeurs selon modèle).
  • Contrôle visuel des joints, organes accessibles, arrivées d’air.
  • Conseils d’usage pour limiter l’encrassement et améliorer le rendement.

Ce que cela ne couvre pas

  • Validation de conformité du conduit / de l’installation globale.
  • Réparation, modification, remise à niveau réglementaire (prestation distincte).

📄 Document remis

Attestation d’entretien : décrit l’entretien réalisé sur l’appareil (périmètre et date).

⚠️ Important

Un certificat de ramonage ne vaut pas diagnostic de conformité, et un entretien d’appareil ne remplace pas le ramonage du conduit. En cas de doute (refoulements, tirage instable, sinistre), une prestation distincte peut être nécessaire.

Texte officiel – Legifrance (JORF)
Réglementation (source officielle). Lecture : 5–10 min

ℹ️ À retenir

Bois sec + air suffisant + entretien régulier = moins d’encrassement, moins de risques, meilleur rendement.

1. Utilisation du bois de chauffage

1.1 Qualité du bois

Pour garantir le bon fonctionnement de votre appareil, limiter les émissions polluantes et réduire les risques d’encrassement ou d’incendie du conduit, il est indispensable d’utiliser un bois de chauffage conforme aux exigences réglementaires.

  • Bois sec, avec un taux d’humidité inférieur ou égal à 20 %.
  • Bois fendu, stocké à l’abri de la pluie, surélevé et ventilé, avec un temps de séchage minimum de 18 à 24 mois.
  • Essences feuillues denses recommandées (chêne, hêtre, charme).
Arrêté du 29 juin 2010 – information consommateur (bois de chauffage)
Référence officielle. Lecture : 5–10 min

Un poêle n'est pas un incinérateur :

Bois traité/peint/verni, panneaux (OSB/CTP/MDF), déchets verts/bois flotté, cartons/plastiques/déchets, paquet de chips ( j'en ai déjà trouvé un neuf dans un poêle ) ne doivent en aucun cas être utilisé comme combustible.

Guide ADEME – Bien se chauffer au bois (PDF)
Bonnes pratiques + compréhension. Lecture : 15–25 min
Fiche ADEME – Allumage par le haut
Méthode “top-down”. Lecture : 3–5 min
  • Allumage par le haut (top-down) : moins de fumées, moins d’encrassement.
  • 1.2 Allumage et conduite du feu

    • Quantité de bois : adaptez la charge à la puissance de l’appareil. Repère pratique : 1 kg de bois ≈ 4 kWh (ordre de grandeur). Peser quelques fournées aide à prendre le bon “coup d’œil”.
    • Charger le foyer de manière adaptée à la puissance nominale de l’appareil. 1 Kg de bois correspond à environ 4Kw de pouvoir calorifique, à adapter à la puissance de votre appareil. Il peut s'avérer judicieux de peser votre bois en vue de déterminer le volume à brûler à chaque fournée.
    • Éviter le ralenti prolongé (notamment la nuit à tirage réduit) : c’est une cause fréquente d’encrassement anormal et de bistre.
    • L'utilisation nocturne à tirage réduit est à proscrire, ce comportement est responsable en grande partie de l'encrassement anormal des conduits et l'apparition de bistre rendant l'installation dangereuse et impropre à une utilisation en toute sécurité

    2. Entretien courant par l’utilisateur

    2.1 Entretien régulier

    Entre deux interventions professionnelles : les gestes essentiels à adopter

    Entre deux ramonages ou entretiens réalisés par un professionnel, quelques gestes simples permettent de préserver le rendement, de limiter l’encrassement et surtout de réduire les risques (refoulement, feu de conduit, intoxication).

    Ces vérifications régulières ne remplacent jamais une intervention professionnelle, mais elles jouent un rôle déterminant.

    Cendrier (toujours à froid)

    Ne laissez pas le cendrier se remplir excessivement : un excès de cendres gêne l’arrivée d’air primaire, dégrade la combustion et favorise l’encrassement.

    Les cendres doivent être déposées dans un récipient métallique fermé, placé à l’extérieur, à distance de tout matériau combustible.

    Attention : des braises peuvent rester actives plusieurs jours après l’extinction.

    Un cendrier régulièrement vidé contribue à une combustion plus vive et plus propre.

    Vitre

    Nettoyez la vitre uniquement à froid, avec un produit adapté ou une méthode douce (essuie-tout légèrement humide avec des cendres fines). Les produits chimiques dégradent les joints et le métal.

    Une vitre qui noircit rapidement n’est pas un défaut esthétique : c’est souvent le signe d’une combustion trop lente, d’un bois insuffisamment sec ou d’un manque d’air comburant.

    👉 Une vitre propre est souvent le reflet d’un fonctionnement sain de l’appareil.

    🚪 Joints d’étanchéité

    Vérifiez régulièrement l’état des joints de porte et de vitre.

    Test simple : glissez une feuille de papier entre la porte et le corps de l’appareil. Si elle glisse sans résistance, le joint n’assure plus son rôle.

    Un joint usé provoque des prises d’air parasites, rendant la combustion incontrôlable pouvant provoquer un "effet forge" et par surchauffe, déformer / dégrader les éléments constituant l'appareil.

    👉 Un joint défectueux est un petit détail… aux grandes conséquences.

    ⚠️ Dépôts et odeurs anormales

    La présence de dépôts noirs brillants, collants ou vitrifiés (bistre) est un signal d’alerte.

    Ces dépôts sont inflammables et augmentent fortement le risque de feu de conduit.

    N’essayez jamais de compenser un mauvais tirage en laissant la porte entrouverte : cela perturbe totalement la combustion et peut provoquer des refoulements de fumées ou de monoxyde de carbone.

    👉 À la moindre odeur inhabituelle ou dépôt suspect, un contrôle professionnel est recommandé.

    🌬️ Entrées d’air et air comburant

    Les entrées d’air dédiées à l’appareil ne doivent jamais être obstruées, même partiellement.

    Dans les logements récents ou rénovés (VMC, forte étanchéité à l’air), le manque d’air est une cause fréquente de :

    • refoulements,
    • allumages difficiles,
    • encrassement accéléré.

    👉 Un appareil à bois consomme beaucoup d’air : sans apport suffisant, il fonctionne mal et devient dangereux.

    ⚠️ RAPPEL ! Si l’encrassement est rapide : bois trop humide, tirage insuffisant, ralenti prolongé, manque d’air, appareil utilisé hors de sa plage.

    Causes fréquentes : bois humide, manque d’air, conduit inadapté, encrassement important.

    2.2 Ramonage et entretien annuel

    Le ramonage mécanique du conduit et l’entretien annuel de l’appareil sont indispensables : sécurité, fonctionnement stable, longévité.

    • Ramonage : hérisson adapté, sur tout le parcours du conduit (suies + dépôts).
    • Fréquence : au minimum 1/an, parfois 2/an selon le règlement sanitaire local.
    • Entretien appareil : 1/an (nettoyages internes, arrivées d’air, joints, déflecteurs, vérifications).

    Bon réflexe

    Conservez vos attestations de ramonage (papier ou PDF). En cas de sinistre, l’assureur peut les demander.

    ⚠️ Signes qui doivent alerter

    • Odeur de fumée / refoulement au démarrage
    • Vitre qui noircit très vite, suie abondante
    • Tirage irrégulier, feu “étouffé”, besoin d’ouvrir la porte
    • Dépôts noirs brillants (goudron/bistre) visibles

    Causes fréquentes : bois humide, manque d’air, conduit inadapté, encrassement important.

    Arrêté du 20 juillet 2023
    Entretien, ramonage, devoir de conseil

    Décret d'application du 13 novembre 2023

    2.3 Conseils liés au ramonage des conduits

    Rôle et portée du ramonage

    Le ramonage a pour objet : l’élimination des suies et dépôts combustibles, la prévention du feu de conduit, et le maintien d’une évacuation correcte des produits de combustion.

    Le ramonage ne constitue ni un contrôle de conformité de l’installation, ni une validation de conception, ni une expertise technique.

    Fréquence recommandée

    • La fréquence dépend du type de combustible, de l’usage réel de l’appareil, et des prescriptions locales (RSDT, assureur).
    • Un usage intensif ou un combustible inadapté peut nécessiter un ramonage plus fréquent.

    Risques liés à l’absence ou au défaut de ramonage

    • Feu de conduit (suies / bistre).
    • Réduction du tirage et instabilité de combustion.
    • Refoulements (fumées dans le logement).
    • Risque accru de monoxyde de carbone (CO) en cas de fonctionnement perturbé.
    • Dégradation prématurée du conduit / des raccordements.

    Observations possibles lors d’un ramonage

    Lors d’une opération de ramonage, le professionnel peut être amené à signaler :

    • la présence de dépôts anormalement épais (suies, bistre),
    • des traces visibles de surchauffe ou d’incident ancien,
    • une discontinuité ou anomalie apparente du conduit sans démontage.

    Ces observations sont factuelles et limitées à ce qui est visible et accessible.

    Bonnes pratiques entre deux ramonages

    • Combustible : utiliser un combustible adapté (bois sec, granulés conformes) et éviter tout combustible humide ou non conforme.
    • Utilisation : éviter les allures trop réduites prolongées (cause fréquente d’encrassement/bistre).
    • Surveillance : être attentif à toute odeur inhabituelle, fumée anormale, ou modification du tirage.

    ⚠️ En cas de doute

    Cesser l’utilisation et contacter un professionnel. Ne jamais “compenser” un mauvais tirage en laissant la porte entrouverte.

    Limites du certificat de ramonage

    Le certificat de ramonage atteste uniquement de la réalisation du ramonage, à une date donnée, sur un conduit identifié. Il ne vaut pas attestation de conformité, validation réglementaire, ni garantie de bon fonctionnement de l’installation.

    Quand une prestation complémentaire est nécessaire

    • Problèmes récurrents de refoulement.
    • Sinistre (feu de conduit, dégât, intervention pompiers).
    • Doute sur la conception ou la sécurité globale de l’installation.

    Dans ces cas, une mission distincte peut être proposée : diagnostic de l’installation, étude/audit technique, expertise (selon besoin).

    3. Sécurité des personnes et du bâtiment

    Le point clé :

    le chauffage au bois est sûr… à condition de respecter les règles d’usage, de ventilation et d’entretien. Le logement reste sous la responsabilité de l’occupant (ou du propriétaire selon les cas).

    3.1 Les risques à connaître

    • Incendie de conduit (suies / bistre)
    • Monoxyde de carbone (CO) : gaz inodore, dangereux
    • Refoulement (fumées dans le logement)
    • Usure / dégradation accélérée de l’installation

    3.2 Obligatoire / recommandé à la maison

    Obligatoire

    • DAAF (détecteur de fumée) : au moins 1 dans le logement, en état de fonctionnement.

    Le DAAF alerte rapidement en cas de départ de feu, notamment la nuit.

    Fortement recommandé

    • Détecteur CO (monoxyde) si appareil à combustion.
    • Extincteur domestique (usage simple, accessible).
    • Air suffisant : entrées d’air non obstruées.
    INRS – Monoxyde de carbone (PDF)
    Risques, symptômes, prévention. Lecture : 5–10 min
    Service-Public – Détecteurs de fumée et CO
    Obligations / recommandations officielles. Lecture : 3–6 min

    4. Ventilation et apport d’air

    Un appareil à bois a besoin d’air pour brûler correctement. Si l’air manque : fumées, mauvaise combustion, encrassement.

    • Ne jamais obstruer les grilles de ventilation.
    • Logements récents/étanches : plus sensibles aux défauts d’air comburant.
    • Si refoulements : vérifier l’apport d’air, la VMC, et la compatibilité de l’installation.
    CSTB – Apport d’air et combustion (PDF)
    Notions de combustion / air comburant. Lecture : 8–15 min

    Partie 5 — Ventilation (VMC) & chauffage au bois

    Une VMC (et toute extraction d’air : hotte, sèche-linge, etc.) peut créer une dépression et perturber le tirage. Cette section rappelle les points simples à surveiller et les gestes utiles.

    Pourquoi c’est important

    • Refoulement au démarrage (tirage à froid + météo défavorable).
    • Combustion dégradée → encrassement + rendement plus faible.
    • Risque fumées / CO en cas de dysfonctionnement.

    Points simples à vérifier

    • Entrées d’air présentes et non obturées.
    • Détalonnage / passages sous portes non bloqués.
    • Bouches d’extraction propres (cuisine, SdB, WC).
    • Groupe VMC sans bruit anormal / fonctionnement régulier.
    • Amenée d’air comburant de l’appareil non obstruée (si présente).

    Ces points sont des observations simples. Ils ne remplacent pas une étude aéraulique ni une mesure de débits.

    À faire

    • Laisser les entrées d’air fonctionnelles (ne pas les boucher “contre le froid”).
    • Nettoyer régulièrement les bouches (selon notice, sans dérégler).
    • Entretenir la VMC (dépoussiérage accessible, filtres si présents).
    • Vérifier que l’amenée d’air de l’appareil n’est pas obstruée.

    À éviter

    • Allumer l’appareil avec extraction forte (hotte, mode boost, etc.).
    • Fermer toutes les arrivées d’air du logement en période de chauffe.

    En cas de refoulement

    • Aérer immédiatement (ouvrir une fenêtre).
    • Réduire les extractions (hotte, boost VMC si possible).
    • Si récurrent : faire vérifier l’équilibre « ventilation / amenée d’air » par un pro (VMC ou fumisterie).

    Le ramonage ne constitue pas une étude de ventilation ni une validation de conformité du système VMC.

    Sécurité

    • Recommandé : détecteur de monoxyde de carbone (CO) conforme et fonctionnel.
    • Ne pas utiliser l’appareil si le refoulement persiste.
    Lors de l’intervention, la présence d’un système de ventilation et d’un appareil de chauffage au bois a été constatée. Il est rappelé l’importance du maintien des entrées d’air fonctionnelles et d’une amenée d’air comburant adaptée afin d’éviter tout déséquilibre de ventilation susceptible d’entraîner un refoulement des fumées et/ou un dysfonctionnement de l’appareil. Le présent constat ne constitue ni une étude de ventilation, ni une validation de conformité de l’installation.